Le monde selon Werber
Par Nessi, jeudi 9 novembre 2006 à 23:54 :: Ma vie :: #37 :: rss
Il y a peu est sorti le dernier livre de Bernard Werber. Pour les malheureux qui ne situe pas bien le personnage, vous avez sûrement déjà entendu parler du livre "Les Fourmis". La trilogie en fait, suivi de la trilogie des Thanatonautes ou de celle du père de nos pères, etc...
Personnellement, j'ai accroché dès le premier contact avec cet écrivain. Ses idées sont intéressantes, dénotent d'une réflexion intense et continue qui se retrouve au fur et à mesure de ses livres. Car on retrouve la même psychologie et la même démarche dans quasiement tous ses écrits : on sent que, plus qu'une banale histoire de fiction, ses histoires traduisent le résultat de sa propre réflexion, et on arrive à percevoir son cheminement au fil des années. Dès lors, chaque nouveau roman s'inscrit dans la même continuité, comme si à chaque fois on reprenait le cours d'une seule et unique histoire.

Mais pourquoi un papillon d'abord ?
Ce qui m'énerve avec Werber, c'est qu'il n'est pas rentable. A peine acheté, j'en suis déjà à la fin du roman. Non pas que ce soit trop court, non... C'est surtout que ça se lit facilement, sans heurt. Pour ma part je suis à chaque fois litéralement plongé dans l'histoire, même si parfois certaines issues me semble un brin trop facile. Ce qui était d'ailleurs le cas dans son dernier romain : "Le papillon des étoiles". Mais bon, je le pardonne...
L'histoire en deux mots
Je ne vais pas vous raconter l'histoire en détail, parceque d'une part je le ferais mal, et d'autres part ça me saoule déjà à l'avance. Ben oui, moi je ne suis pas écrivain. Donc je vous invite à aller lire le livre directement, c'est assez bien retranscris vous verrez.
En quelques mots, disons qu'à une époque où tout va en empirant sur Terre - et qui pourrait très bien être aujourd'hui au vu des actualités - un groupe de personne décide de construire un vaisseau et fuir sur une autre planète. Sauf que voilà, le voyage doit durer 1000 ans : tout est donc prêvu pour que les générations puissent se succéder dans le vaisseau et qu'au moins un groupe de personnes arrivent à destination. Mais voilà, peut-on aussi facilement éviter les pulsions destructrices qui nous animent ?
De mon avis personnel, ce livre est un peu une synthèse de toutes les théories et idées énoncées par Werber jusqu'ici sur la condition humaine, et même l'origine de l'humanité.
Pourquoi tu dis ça ?
Bonne question. Et bien voilà, tout d'abord on retrouve les mêmes types de personnages, avec le même comportement, le même caractère. Le héros est toujours un peu timide, introverti, maladroit (ex. : Michael Pinson dans la trilogie des Thanatonautes ?) et on retrouve également une femme avec un caractère affirmé, fondamentalement déterminée (ex. : Lutrèce Nemrod dans le Père de nos Pères). De même que le "vieux" de la bande, bon vivant, comique mais également sage et réfléchit. On retrouve également l'éternel passage sur les fourmis et les rats, qui sont selon Werber deux exemples d'équilibre social, l'un basé sur l'entre-aide et la communauté, l'autre imposé par la force et basé sur l'individualisme. Je ne vais pas citer toutes les références à ses précédents ouvrages, vous comprendrez de vous même après les avoir lus.
J'ai bien aimé aussi certains cleins d'oeils :
- L'arbre de la connaissance : le pommier dans lequel est caché les livres laissé en héritage par la première génération et qu'on retrouve dans la Bible.
- Le "rhume" qu'attrape les Dinosaures au contact des humains sur la nouvelle planète : le développement d'un Virus est une théorie sérieuse qui a été avancée pour expliquer l'extinction des Dinosaures.
- La morsure du serpent faisant également référence à la Bible.
- Bien entendu les noms Adam et Eve évoqué à la fin, de même que Lilith, la première femme d'Adam selon d'anciennes légendes Juives.
- La venu au monde d'Eve grâce à la moelle épinière provenant de la côte d'Adam, qui rappelle le passage de la création où il est dit que Dieu créa Eve de la côte d'Adam.
Mais également avec le recul, la manière d'expliquer les notions du Paradis, de l'Enfer et même de Satan à travers le personnage de Satine, l'ange déchû qui se retourne contre le créateur. J'ai bien aimé aussi le fait de présenter l'Apocalypse non comme un événément à venir, mais comme un événément marquant du passé.
La fin justifie les moyens
Si l'histoire globale est un amalgame des théories et idées de Werver, la fin sort assez de l'ordinaire. La seule chose au final à retenir est la manière d'expliquer l'origine de nos croyances, voir même de l'humanité.
Pour ma part, j'ai toujours pensé que la Vérité était toujours dans la simplicité, mais surtout dans la cohérence entre tous les éléments. Ainsi, même si deux éléments semblent contradictoires ou paradoxals, l'idée c'est qu'il existe toujours une chose en commun, un fil qui les relient et si ce fil n'apparaît pas, c'est que l'on se pose la mauvaise question ou que l'on n'a pas la bonne approche. Il faut donc accepter de changer sa vision des choses et la possibilité que notre perception est erronée ou incompléte. Si l'on part du principe que toute chose possède une part de Vérité, il faut trouver le point de convergence : l'origine.
Bref, c'est en ce sens que je rejoints Werber. Pas de complexité, il faut chercher l'origine des choses, la racine et une fois qu'on l'a, refaire le chemin en sens inverse et tenter de trouver le fil conducteur et expliquer les embranchements qui donneront ensuite, des éléments contradictoires.
Mais on s'égare là
Après avoir tourné la dernière page du livre, et me rendre compte que je n'étais même pas dans les "Remerciements", je n'ai pas pu m'empêcher de me poser cette question : et pourquoi pas ? Oui, est-ce qu'on est finalement loin de la réalité ? Et si tout n'était qu'un éternel recommencement ?
Bref, j'en avais vraiment pas besoin, mais me voilà avec de nouvelles questions à me poser chaque soir avant d'aller me coucher. Bien sûr, vous ne savez pas de quoi je veux parler si vous n'avez pas lu le livre. Ben oui, c'est con... Tant pis pour vous alors. En tout cas une chose est sûr, les choses nous paraissent soudain bien plus concrétes lorsqu'on arrive à les relativiser. Et là Werber arrive à relativiser l'origine et le sens de nos croyances, nos légendes et pourquoi pas l'Humanité. Tiens, si j'étais pas athé, je crierai presque au blasphème.^^


Commentaires
1. Le lundi 13 novembre 2006 à 12:31, par stéphanie
2. Le lundi 13 novembre 2006 à 12:52, par Moi
Ajouter un commentaire