Je te l'avais dit
Oui je sais maman, et gnagnagna. Je me demandais quand ça allait arriver, car je savais bien que je n'allais pas pouvoir braver ces routes en sens inverse et sans les mains impunément sans une gammelle au final. Et bien c'est maintenant chose faite, et heureusement pour moi les dégats sont minimes.

Ben alors, raconte
Deux secondes, j'y arrive. Donc c'est arrivé mercredi dernier, je rentrais tranquillement le soir après une banale journée de super-héros passé à sauver la veuve et l'orphelin, me rendant tranquillement chez moi sur mon fier destrier, tel un chevalier des temps modernes (avec fondu sur le coucher du soleil).
Bon ok, mais c'était quand même mercredi, sauf que c'était le midi et j'étais en retard pour aller chez le client alors que je venais de passer le midi à travailler à l'agence sans avoir encore pu avaler mon pain quotidien. Je suis donc parti de l'agence, j'ai fait 10 mètres, et comme un ado prépubère inconscient du danger, j'ai voulu doubler une voiture au démarrage sachant pertinemment qu'indéniablement, ce n'était définitivement pas une bonne idée. Et effectivement ce n'était pas une bonne idée (mais bon, vous n'avez aucun mérite, j'ai commencé par la fin). Tout se passait comme prévu, j'entamais donc mon dépassement tranquilement sur une roue en agitant mon chapeau de cow-boy, lorsqu'une voiture est arrivée sans prévenir en face, ce qui m'a fait cruellement ramener à la dure réalité de la physique et de la gravité : anticipant le fait que se prendre une voiture de face n'était pas à priori une bonne option de sortie, j'ai décidé de freiner tranquillement et de me rabattre, c'est à dire faire ce qu'on appel dans le jargon 'piler', ou encore "prendre les mesures qui s'imposent pour éviter un obstacle susceptible de ne pas s'écarter de lui même de votre chemin". Bref, même si la voiture était relativement loin, j'ai voulu me rabattre, sauf que 'piler' et 'se rabattre précipitamment' ne font pas bon ménage avec un deux roues. Enfin une voiture je dis pas, mais je suis formelle, un "deux-roues" ne réagit pas de la même façon.

Me voilà donc en une fraction de seconde à faire du goudron-cooling sur les genoux, avec le pied emprisonné sous le scoot ce qui m'a valut une glissade artistique sur quelques mètres. Autant vous dire que j'ai tout de suite compris que mon pied avait pris un sale coup, mais heureusement je n'ai pas cogné par terre. Après quelques secondes d'hésitations et de craintes, j'ai décidé de faire un bilan rapide des dégats :

  • sensibilité du pied -> check
  • mobilité des orteils -> check
  • mobilité de la cheville -> check (ok pour approfondir le test)
  • mobilité du pied -> pas trop check

Donc déjà au moins, je savais qu'il n'y avait pas trop de dégats, sauf que je sentais bien que mon pied droit n'en était pas pour autant totalement indemne. Entre temps, l'automobiliste de la voiture d'en face et celle que j'ai voulu doubler sont venus voir l'étendu des dégats et m'ont gratifiés de leur encouragement : ""Ben alors ? qu'est-ce qui lui arrive ?" accompagné d'un sourire sarcastique, d'où ma réponse "Ben il est tombé !" suivit de ma réponse intérieure "connard".

Pin pon
Entre temps, les pompiers avaient été alertés, ce qui n'était pas vraiment nécessaire vu que je pouvais quand même me déplacer, mais bon. Les pompiers sont donc arrivés, ont fait l'étendu des dégats, ont finit de ruiner mon pantalon aux ciseaux alors que j'avais pris sur moi de le remonter au niveau des blessures, et m'ont posé un tas de question pour voir mon état, du genre "on est quel jour ?", question à laquelle j'ai soutenu qu'on était Mardi, mais ça ça m'arrive tout le temps. J'ai appelé mon patron (que j'avais vu passer en voiture juste devant le camion) pour le prévenir. Notons quand même que tout celà se passe à quelques mètres de l'agence, où travaillaient quand même lors des faits deux informaticiens, pas curieux pour trois sous de savoir ce qui se passait juste à côté d'eux (mais bon, ça reste des informaticiens).

Bienvenue aux urgences
Je suis donc arrivé aux urgences, à la clinique qui se trouvait mine de rien juste à 500m à tout casser de là, les jambes en sang et sur un brancard, et là autant dire qu'il ne faut pas être pressé. Je suis resté bien une heure dans le couloir sans même qu'on me demande quoi que ce soit mis à part ma carte vitale, ou qu'on me donne quelque chose pour soigner les blessures aux jambes, ce qui me semblait quand même un minimum. Heureusement, je connaissais une personne qui travaillait là bas (surprise !), ce qui a permis d'"accélérer" les choses. Et heureusement, parceque sinon j'y serais encore.
Vint l'étape de la "Radio" qui à permis de prendre des photos artistiques de mon pied et donner enfin un diagnostic du mal dont je souffrais, et là je vous donne le donne en mille:

"De face, en varus, il existe une irrégularité corticale avec décrochage de l'épiphyse péronière inférieure et interne, dont l'aspect ne correspond pas typiquement à une lésion traumatique mais qui doit être confronté avec l'examen clinique (point douloureux exquis ?).
Par ailleurs intégrité tarsienne."

Autant dire que je n'ai rien compris à tout ce jargon médical, mais tout ces mots compliqués mis bout à bout ça faisait presque peur. Je l'ai donné à mon pote pour qu'il me traduise et me dise finalement : "C'est bon t'as rien". Ha, je me demande ce qu'ils doivent pondre quand il y a vraiment quelque chose alors. En tout cas j'en était presque déçu, tout ça pour ça.
A la fin vient l'examen clinique avec un médecin (enfin !), après juste une heure d'attente en plus, qui m'a prescrit un arrêt de travail (dans le cadre d'un accident de travail) de 6 jours.

Bref, après plus de 3h passé dans la clinique, me voilà dehors, une ordonnance et une radio de mes pieds à la main, le pantalon en lambeaux, en train d'attendre qu'on veuille bien venir me chercher.

Comment se passe un arrêt de travail (dans le cadre d'un accident de travail)
Le premier jour de mon arrêt de travail, je l'ai passé à courir après les papiers administratifs pour la sécu au lieu de me reposer comme il se doit. Je suis donc retourné à l'hôpital, pour pouvoir récupérer ma fiche donc "d'accident de travail". Sauf que l'infirmière me dit qu'elle ne peut pas me la donner sans la "fiche de je ne sais pas quoi" de mon employeur. J'appelle donc mon employeur, que je n'arrive pas à joindre avant début d'après midi (oui, parceque le midi ils mangent ces cons là) qui me dit qu'elle ne peut pas me donner ladite fiche manquante sans une preuve de mon accident de travail. J'explique le tout, puis je retourne à l'hôpital pour retenter le coup. Après quelques explications de part et d'autres, je comprend qu'il faut en fait prendre une fiche d'arrêt de travail simple, l'envoyer à mon employeur et à la sécu, qui pourra me renvoyer la fiche de soin qui me permettra ensuite de récupérer la fiche d'accident de travail (pourquoi faire simple...)
Cette fiche de soin fournit par l'employeur doit me permettre de ne pas faire d'avances aux frais et doit être complétée par la pharmacie, mon médecin, etc... Sauf que tant que je n'ai pas cette fiche, je suis en arrêt de travail simple, et non en arrêt d'accident de travail (me demandez pas la différence).
En clair, j'ai rien compris mais c'est pas grave. Tout ce que je sais, c'est qu'il vaut mieux avoir cette fiche avant d'aller à la pharmacie, sauf qu'on a souvent besoin d'aller à la pharmacie avant d'avoir cette fiche, mais dans ce cas, l'ordonnance passe dans le cadre de l'arrêt de travail, et non de l'accident du travail. En gros quoi...

Comment se passe la reprise anticipée du travail
Comme ça allait plutôt bien et que j'avais une réunion importante vendredi après-midi, j'ai voulu reprendre le travail avant la fin de l'arrêt. Mais pour ça, il faut prévenir l'employeur (ça c'est simple) et avoir l'accord du médecin (et ça c'est moins simple). Pourquoi ? Pour ne pas que l'employeur puisse "gruger" la sécu en ne déclarant pas la reprise réelle (et donc toucher l'aide de la sécu). Sauf que je ne pouvais pas aller voir mon médecin avant ladite réunion : j'ai donc appelé la sécu pour savoir si c'était possible de reprendre le travail avant d'aller en consultation (pour que le médecin permette la reprise (faut suivre quoi)). On me dit que c'est possible mais qu'il faudrait antidater le papier permettant la reprise (le bordel).

Ok, ça roule et je décide d'aller quand même à la réunion et de prendre rendez-vous pour le lendemain avec mon médecin. ça c'est fait. Comme je ne pouvais pas me déplacer convenablement, j'ai voulu prendre des béquilles à la pharmacie. Or, la location de béquille n'est pas pris en charge et n'est possible que pour une période d'une semaine au minimum. Par contre, l'achat est remboursée sur ordonnance (normal, des béquilles, c'est pour la vie...). Je me dit que je pourrais toujours en demander lors de ma consultation du lendemain avec mon médecin. Mais en attendant j'en avais un besoin immédiat pour aller à ma réunion. Après discussion avec la pharmacienne, elle me propose de me les préter pour l'après-midi sous caution. Ok, ça roule.

Le lendemain, je vais donc chez mon médecin pour qu'il me fasse le papier de reprise. Sauf que j'étais encore sous le coup de l'arrêt de travail, et non de "l'accident de travail", donc ce n'était pas nécessaire et qu'il valait mieux demander à l'hôpital de me déclarer l'arrêt jusqu'au jour effectif de ma reprise, ce qu'ils n'ont pas voulu faire, naturellement. Enfin, dans l'histoire j'ai quand même gagné une paire de béquille (et j'en fais quoi maintenant ?).

Bref, on en revient presque à penser qu'il vaudrait mieux ne pas le déclarer en tant qu'accident de travail, juste arrêt maladie quoi, ce qui dans mon cas revenait au même, du moins financièrement, et comme je n'avais pas non plus de gros "dommages".

En résumé
Voilà, je sais maintenant ce qu'il faut faire dans le cas d'un accident de travail (si ça peut servir) :

  • prévenir l'employeur
  • retirer la fiche d'arrêt de travail à l'hôpital
  • envoyer l'arrêt de travail à l'employeur pour qu'il renvoie la "fiche de soins"
  • retirer la fiche d'incident de travail à l'hôpital grâce à la fiche de soins

Et pour la reprise :

  • prévenir l'employeur
  • prévenir la sécu et consulter le médecin pour la reprise


C'est bon, je suis prêt pour la prochaine fois^^

Des séquelles ?
Physiquement, ça va bien. Je marche de mieux en mieux chaque jour et je ne devrais pas tarder à retrouver ma démarche de playboy, en faisant attention quand même à ne pas trop pousser. J'ai quand même un peu mal au dos, et si ça ne s'arrange pas, je pense que je retournerai voir mon médecin, peut être pour des séances de kiné. On verra...

Moralement, je ne pense pas que j'aurai du mal à reprendre le scoot. Je n'étais pas vraiment choqué lors de l'accident. Par contre je pense que je prendrai un peu moins de risque. Parceque faut pas rigoler avec ces choses là, on a toujours l'impression d'être invicible en chantant la petite musique de Mario Bross (tututu, tutututtu), mais faut pas oublier qu'au bout d'un moment la musique s'arrête^^